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MOURIR DANS L'INDIGNITÉ

Publié le : 2020-09-30 a 00h00 | Catégorie : Paroisses, Catéchèse, Diocèse

Crédit photo: courtoisie

S’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres,

si l’on encourage avec amour,

si l’on est en communion dans l’Esprit,

si l’on a de la tendresse et de la compassion,

alors, pour que ma joie soit complète,

ayez les mêmes dispositions,

le même amour,

les mêmes sentiments ;

recherchez l’unité.

Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux,

mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.

Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ;

pensez aussi à ceux des autres.

Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus (Ph 2, 1-5)

 

C’est avec ces mots de saint Paul que nous avons célébré l’eucharistie dimanche dernier. Le drame horrible vécu par notre sœur Joyce Echaquan nous renvoie en pleine figure l’écart qui se manifeste trop souvent entre les appels de l’Évangile et ce qui se vit sur le terrain. J’étais présent mardi soir à la manifestation devant l’hôpital de Joliette. J’ai eu la chance de converser quelques minutes avec un Innu de Betsiamites qui avait fait le voyage durant la journée pour se joindre aux atikameckw et à tous ceux et celles qui criaient « justice pour Joyce ». Il s’appelle Grégoire. Rien ne vaut la rencontre personnelle. Plus nous apprenons à connaître l’autre, plus nous découvrons la personne derrière la race, le vêtement, la langue. La rencontre permet d’écouter la souffrance, les aspirations, les désirs de faire alliance, elle fait tomber les préjugés.

Durant les prochains mois, je nous exhorte à faire un pas de plus dans la connaissance de nos sœurs et frères atikameckw. Ainsi, nous pourrons vivre davantage l’Évangile qui, par l’appel de l’Apôtre, nous demande d’avoir « les mêmes dispositions qui sont dans le Christ Jésus ». Puisque nous sommes tous unis en lui en vertu de notre baptême, « il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme. »(Ga 3, 28) Puisse ces mots résonner en nous plus fortement dans les prochaines années. Aussi, nous développerons de plus en plus le regard de Dieu sur tout être qui croise notre chemin.

Mgr Louis Corriveau