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Faire Église autrement pendant et après la crise

Publié le : 2020-06-15 a 00h00 | Catégorie : Paroisses, Catéchèse, Diocèse

Frères et sœurs,

Ce que nous vivons depuis le mois de mars est une expérience bouleversante pour tout le monde.  Le confinement a engendré l’isolement, l’incertitude, la peur, la tristesse et la frustration de ne plus pouvoir nous rencontrer en personne.  Toute cette souffrance nous interpelle sur le défi de maintenir les liens entre nous.  J’y reviendrai au deuxième point.

Face à cette distanciation obligée, certains ont usé de leur ingéniosité pour continuer de prier ensemble en utilisant une plateforme virtuelle.   Des rencontres avec des personnes qui s’acheminent vers le baptême ou la confirmation se sont poursuivies.  Les leaders de nos assemblées de Fabrique ont exploré un nouveau mode de financement en participant à un webinaire.  Je suis conscient que plusieurs d’entre nous ont dû faire un effort pour apprendre à manœuvrer dans cette nouvelle forme de communication, moi le premier.

En 2017, lors de la visite Ad limina, le Conseil pontifical pour les communications sociales a rappelé aux évêques du Québec que l’annonce de l’Évangile a toujours emprunté les routes du monde.  Parmi ces nouveaux chemins, il y a le monde virtuel.   Plusieurs de nos contemporains s’y retrouvent. L’abbé Jean-Philippe Auger, dans un webinaire, a affirmé que le virtuel n’est pas un outil comme un autre, il est le monde dans lequel nous vivons.   

J’espère sincèrement que l’utilisation de ces nouveaux moyens de communication va continuer après la crise de la pandémie. Est-ce à dire qu’ils vont reléguer les contacts humains aux oubliettes?  Bien sûr que non. S’il y a une chose que la crise actuelle nous apprend, c’est bien l’importance de la rencontre en présentiel.  Les gens souffrent de ne pas pouvoir se serrer la main, s’embrasser, se donner des accolades, se voir en personne.  Dans les évangiles, on voit Jésus s’approcher et toucher les gens.  Mme Sophie Tremblay nous a rappelé que la vie baptismale se déploie par tous nos sens.  Avouons que l’usage du toucher, du goût et de l’odorat est impossible dans une rencontre virtuelle.  Et la vue et l’écoute y sont limitées.  Conscients de cela, il nous faudra quand même garder le meilleur de ce mode de communication quand la crise sera passée.  Malgré ses limites, le mode virtuel comporte des avantages non négligeables : économie de temps, d’essence, d’énergie, accès à de la formation à distance.  La formation en mode virtuel que nous expérimentons depuis plusieurs semaines nous fait vivre une réelle expérience d’Église.   Cette marche ensemble nous fait expérimenter la synodalité. Nous cheminons les uns avec les autres dans l’écoute mutuelle et le respect de nos différents points de vue.  Nous avançons dans le souffle de l’Esprit qui est le ciment qui permet aux pierres vivantes que nous sommes de former le temple spirituel.

Le confinement nous prive actuellement des rassemblements dans nos églises.  Certains d’entre nous président des célébrations eucharistiques diffusées sur des portails comme Facebook mais nous sommes bien conscients que cette manière de faire est temporaire.  En attendant, ne pourrions-nous pas profiter de cette crise pour créer davantage de petits groupes de partage de la Parole? Les textes bibliques parlés, écoutés, partagés, priés, peuvent devenir parole de Dieu pour chaque personne et pour le groupe entier.  Dans le partage des Écritures, l’expérience qu’ont vécue les disciples d’Emmaüs devient la nôtre, nos cœurs deviennent tout brûlants.  Ce partage est possible en utilisant une plateforme virtuelle (ex. Zoom). Et avec le beau temps qui s’installe et les regroupements de 10 personnes ou moins qui sont maintenant permis, pourquoi ne pas vivre un certain nombre de rencontres en présentiel, dans une ambiance de pique-nique, tout en respectant les règles de distanciation?   

N’y aurait-il pas dans l’expérience des petits groupes un élément de réponse à la soif de fraternité de nos contemporains? Une expérience que j’ai vécue en France en 2019 m’a convaincu que les petits groupes constituent une porte d’entrée pour celles et ceux qui ne sont pas prêts à rejoindre nos rassemblements du dimanche.  A ce propos, le pape Benoît XVI a dit ceci : Voilà pourquoi, selon moi, il est important d'avoir, en même temps que la Parole, un lieu d'accueil de la foi, un lieu où s'opère une expérience progressive de la foi. Et je vois ici une autre tâche de la paroisse: l’accueil de ceux qui ne connaissent pas cette vie caractéristique de la communauté paroissiale. Nous ne devons pas constituer un cercle refermé sur nous-mêmes. Nous avons nos habitudes; néanmoins, nous devons nous ouvrir et chercher à créer également des "vestibules", c'est-à-dire des espaces de rencontre.

Quelqu'un qui vient de loin ne peut pas pénétrer im